Les carnets du baroudeur

Affronter l'hiver : bivouaquer par grand froid

Pour qu’un bivouac se déroule dans de bonnes conditions hivernales, vous devez prendre en compte deux éléments de première importance : le choix de l’emplacement où vous allez vous installer et le matériel dont vous disposez. Pour être honnête, il faut quand même avouer que tout ce que l’on a pu dire ou écrire sur la manière de choisir son site de campement n’est jamais que de la littérature face à l’élément majeur qui reste, sans conteste, le matériel. En effet, quel que soit l’endroit où vous allez camper, même si vous êtes en plein vent et au plus fort de l’hiver, vous pourrez malgré tout passer de bons moments si vous êtes bien équipé…

 

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Le site du Bivouac.

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Après plusieurs centaines de bivouacs, par tous les temps, sous diverses latitudes, en toutes saisons, et parfois dans des conditions extrêmes (- 21° au Plomb du Cantal, près d’Aurillac, en 2002), force est de constater qu’on n’a pas toujours le temps ou la possibilité de s’installer comme on le souhaiterait. On peut être surpris par des conditions climatiques qui se dégradent très vite ou tout simplement par la chute du jour. Dans ce cas, on s’installe où l’on peut en parant au plus pressé. Si l’on est bien équipé, ce ne sera pas trop gênant, même en pleine tempête, sous des torrents de pluie ou des tornades de neige. Encore faut-il que l’on dispose d’un matériel adapté et fiable. On y reviendra plus loin… Si vous n’êtes pas dans l’urgence, vous pourrez soigner votre installation. D’une manière générale, lorsqu’on doit camper par temps froid et notamment dans la neige, il faut favoriser au maximum les coins à l’abri, même si ces derniers ne sont pas forcément très plats… ou très beaux ! Cette remarque est valable aussi bien en bivouaquant sous une tente de toit que sous une tente au sol.

 

 

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On évitera donc plaines et vallons, lignes de crêtes et cols (ou tout autre endroit dégagé), en privilégiant des espaces plus « intimistes », derrière des rochers (ou des ruines, pourquoi pas) ou en pleine forêt. Le but étant de limiter le plus possible la force du vent, de la pluie ou de la neige. Malgré le bruit du vent dans les ramures (qui peut déranger certains), la forêt représente le meilleur des abris lorsqu’on arrive à y installer son campement, encore faut il pouvoir y glisser tente et voiture. En montagne ou dans les pays nordiques, lorsque la neige est au rendez-vous, les forêts de résineux réservent de nombreuses possibilités avec leurs arbres « parasols » dont le feuillage descend parfois jusqu’au sol. Dans certains cas, la couverture végétale et la neige qui la tapisse, forment une véritable voûte naturelle qui ménage tout autour du tronc un espace sec et déneigé. Après avoir été nettoyé et aménagé avec pelle, hache et sécateur, cet espace pourra être utilisé pour y installer une tente au sol en prenant soin d’étayer les branches basses avec du bois mort ou des piquets pour qu’elles ne frottent pas sur le double toit.

 

 

 

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Autre possibilité, que l’on a testée personnellement dans le Vercors lors d’un stage militaire d’Aguerrissement en Montagne : la voûte naturelle évoquée plus haut va être rabaissée à ses extrémités pour être en contact avec le sol. On recouvre ensuite tous les interstices de neige, créant ainsi un igloo rudimentaire dans lequel, en se débrouillant bien, on pourra même faire du feu. « C’est un peu extrême », diront certains. Peut-être, mais avec un bon matelas et un bon duvet, on peut y passer une nuit très correcte. Autre avantage du bivouac en forêt : si vous ne disposez pas d’un auvent ou d’une « tente mess », vous pourrez toujours tendre une ou plusieurs bâches entre les arbres et constituer ainsi un abri qui vous protégera aussi bien de la pluie, de la neige mais aussi de l’humidité ambiante qui ne manque pas d’apparaître à la tombée du jour. Qui dit forêt, dit bois. C’est donc la possibilité de faire un feu, avec toutes les règles de prudence qui s’imposent. C’est aussi la possibilité de réchauffer l’atmosphère et les coeurs pendant le repas ou la veillée…

 
 
 
 

Coup de foudre.

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Donc, comme on peut le voir, le bivouac dans les bois présente de nombreux avantages et, pour ceux qui craignent la foudre, sachez qu’il n’y a aucun danger à camper en forêt (à moins d’un coup de malchance). La foudre tombe parfois à l’orée d’un bois, en plein milieu d’une clairière ou d’un vallon mais rarement en pleine forêt. Un conseil pour conclure sur le bivouac en forêt :
évitez de dormir sur un tapis de feuilles mortes. Ce tapis, qui peu paraître « confortable » au demeurant, est un véritable réservoir d’humidité qui deviendra glacial en pleine nuit. Même si vous êtes un pris par le temps, évitez les zones encaissées en « couloir » (oueds et arroyos étroits) et la proximité d’un cours d’eau dans un lieu resserré car même un petit ruisseau peut générer une humidité pire que le vent le plus glacial. En mars 2008, en Sardaigne, nous avons campé dans un fond de vallon baigné par un joli ruisseau. L’endroit semblait parfait, sans un souffle de vent, avec une belle esplanade herbeuse, dans un cadre idyllique. Au petit matin, au moment du départ, nous avons enregistré une température de - 9°. Dix minutes plus tard et 450 m plus haut, sur une plate-forme que nous avions ignorée la veille parce qu’elle était balayée par le vent, nous avons enregistré une température de 5°…
 
Un dernier conseil : que vous soyez en forêt ou en rase campagne, si vous campez dans la neige avec une tente classique, essayez de « bâtir » un mur autour de cette dernière pour vous protéger du vent en prenant soin de recouvrir l’extrémité inférieure du double toit. Certaines tentes ont d’ailleurs une extension de toile qui fait tout le tour du double toit. C’est ce qu’on appelle la « toile à pourrir ». Cette extension est destinée à être couverte de neige (ou de sable) pour optimiser l’isolation et pour mieux fixer la tente au sol en cas de tempête…

Conseils et astuces pour protéger du froid. 

 

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Un bon emplacement de bivouac c’est bien, mais avec la tombée de la nuit qui arrive, il va falloir penser à vous protéger du froid pour que votre soirée et votre nuit se passent dans les meilleures conditions. Pour cela, plusieurs consignes de base :

- tout d’abord restez au sec en évitant de garder sur vous des vêtements humides ou carrément mouillés. Plus les vêtements sont mouillés, plus la perte de chaleur par conduction sera rapide. Cela peut paraître évident mais bien souvent on pense que la température du corps va réchauffer et sécher des vêtements humides. C’est peut être vrai le jour, à certains moments, lorsque le soleil est au rendez-vous, mais cela ne marche pas ainsi la nuit. D’où l’intérêt de se changer dès qu’on a fini l’installation du campement.

 

- il faut ensuite se protéger du vent en évitant ou en supprimant les courants d’air qui emportent la chaleur. Evitez de vous balader avec une veste mal fermée dans une tenue débraillée et couvrez-vous AVANT d’avoir froid. L’idéal pour se protéger du vent et du froid, c’est de porter plusieurs couches de vêtements. En effet, la quantité d’air emprisonnée entre les vêtements dépend du nombre de couches de vêtements portés et de leur épaisseur. Le système multicouche offre comme avantage de pouvoir régulariser plus facilement la chaleur corporelle et le niveau d’humidité dans les vêtements en enlevant ou en ajoutant des épaisseurs…

 

- sachant que votre organisme perd près de 50 % de sa chaleur par la tête et le cou, n’hésitez pas à porter un bonnet en laine ou en polaire ainsi qu’une écharpe fine (ou un chèche) lorsque le froid devient trop mordant.

 

- évitez de porter des chaussures ou des chaussettes trop serrées car elles coupent la circulation sanguine accentuant ainsi la déperdition de chaleur. - offrez vous un sac de couchage ayant une côte de température un peu plus élevée que les besoins prévus.

 

- faites un peu d’exercice juste avant de vous coucher. La chaleur produite par votre corps restera emprisonnée dans votre sac de couchage. - urinez avant de pénétrer dans votre sac de couchage afin d’éviter que votre organisme ne produise de l’énergie à réchauffer inutilement un surplus de liquide.

 

- les vêtements tels que les laines polaires ne sont pas comprimés par les sacs de couchage ajustés et absorbent peu l’humidité. En vous habillant uniquement de laine polaire, vous pouvez augmenter la chaleur de votre sac de couchage de 5 à 10 degrés Celsius. Des chaussettes et un sous-vêtement long qui sont propres et secs peuvent aussi augmenter la chaleur d’environ 2 degrés. Pour prévenir la perte de chaleur, portez un bonnet ou un passe-montagne, surtout si vous avez un sac couverture ou si vous trouvez le capuchon des sacs de couchage trop confinant. Bonne nuit et faites de beaux rêves.

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