Bivouac

Bivouac (3ème partie) : l'art de Bivouaquer

Suivant la destination et la fréquence de bivouac que l’on prévoit, le choix de la tente doit être mûrement réfléchi, en fonction de son budget, bien sûr, mais aussi de ses aspirations et du confort que l’on en attend. Tour d’horizon et avis sur le matériel existant.

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Les tentes de sol

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Elles se déclinent sous diverses formes. Laissons de côté les tunnels de bivouac d’une place et les « tentes cercueil » destinés aux baroudeurs de l’extrême. Laissons aussi de côté les vieilles « canadiennes » qui sont aujourd’hui complètement démodées. Trop étriqués ou trop encombrants, ces produits d’un autre âge sont largement surpassés par l’émergence des tentes de nouvelle génération. Partant du principe qu’en 4x4 on n’est pas vraiment limité par le poids, le choix est vaste. Il sera déterminé par le niveau de confort que l’on désire, sachant que ce confort est déterminant pour envisager sereinement des bivouacs à répétition dans le cadre d’un voyage au long cours,

L’idéal est donc de favoriser l’espace, la rapidité de montage et de pliage, la tenue au vent, l’imperméabilité et l’isothermie (capacité de régulation du rapport chaleur / condensation) sans oublier, bien sûr, la qualité des matériaux. Plus rapides à installer, moins onéreuses et surtout plus modulables, les tentes dôme et les tentes tunnel présentent de nombreux avantages : autoportantes avec leurs deux arceaux croisés, on peut y dormir sans double toit lorsqu’il fait très chaud (à condition que ce dernier ne soit pas solidaire de la chambre) et, si on les utilise dans un abri (grange, ruine, tunnel, grotte, etc.), on peut même les installer sans piquets. On trouve deux types de tentes autoportantes :

 

 

 

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- Les classiques, qui peuvent se ranger dans la catégorie des «tentes de randonnée » ou celle des « tentes 4 saisons », se montent de manière traditionnelle, avec des arceaux séparés et une chambre en coton ou en polyamide que l’on recouvre d’un double toit. Le temps de montage, haubans compris, peut prendre de 5 à 8 minutes, si l’on est bien « rôdé » et suivant la dureté du terrain. Même durée pour le pliage qui demande une certaine discipline si l’on veut ranger correctement l’ensemble dans son sac tubulaire. Elles sont peu onéreuses, c’est vrai, mais elles n’ont pas la même résistance et la même efficacité que les tentes « de marque ». En cas de forte pluie, le double toit perd rapidement de sa tension ; il se retrouve alors en contact avec la toile de la chambre provoquant ainsi des infiltrations d’eau par capillarité.

- Les tunnels « à jetage ». On en trouve maintenant chez divers fabricants mais ces tentes sont plus connues sous la marque préférée des SdF. Les tentes « à jetage » disposent d’arceaux « à mémoire », solidaires de l’ensemble chambre / double toit. Pour les installer, il suffit de les jeter en l’air en les dépliant. Les arceaux en fibre de verre creux retrouvent aussitôt leur forme et la tente se met en tension. Il ne reste plus qu’à installer sardines et haubans, et le tour est joué ! Temps de montage : 2 minutes si le sol ne fait pas de la résistance. Temps de pliage : 1 minute. Difficile de trouver mieux lorsqu’on cherche à la fois la rapidité et le prix (à partir de 39 € pour une deux places) d’autant plus que ces tentes disposent d’un haut degré de finition qui fait souvent défaut sur des produits aussi peu onéreux. Attention cependant : ce type de tente est idéal pour les voyages dans les pays chauds ou tempérés, dans le cadre d’une utilisation par beau temps. Par contre, s’il pleut beaucoup ou si le vent est un peu trop violent, les tentes « à jetage » affichent vite leurs limites.

 

- Les tunnels « à jetage ». On en trouve maintenant chez divers fabricants mais ces tentes sont plus connues sous la marque préférée des SdF. Les tentes « à jetage » disposent d’arceaux « à mémoire », solidaires de l’ensemble chambre / double toit. Pour les installer, il suffit de les jeter en l’air en les dépliant. Les arceaux en fibre de verre creux retrouvent aussitôt leur forme et la tente se met en tension. Il ne reste plus qu’à installer sardines et haubans, et le tour est joué ! Temps de montage : 2 minutes si le sol ne fait pas de la résistance. Temps de pliage : 1 minute. Difficile de trouver mieux lorsqu’on cherche à la fois la rapidité et le prix (à partir de 39 € pour une deux places) d’autant plus que ces tentes disposent d’un haut degré de finition qui fait souvent défaut sur des produits aussi peu onéreux. Attention cependant : ce type de tente est idéal pour les voyages dans les pays chauds ou tempérés, dans le cadre d’une utilisation par beau temps. Par contre, s’il pleut beaucoup ou si le vent est un peu trop violent, les tentes « à jetage » affichent vite leurs limites.

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- Les « automatiques » ou « tentes parapluie ». Très rapides à monter, ces tentes possèdent une ossature bien spéciale constituée de deux ou trois arceaux articulés en fibre de verre pleine. Ces arceaux sont solidaires du double toit. Il suffit de les déplier, de les verrouiller les uns dans les autres, et la tente se met automatiquement en tension. Temps de montage : 4 minutes si l’on installe tous les haubans. Temps de pliage : 3 minutes. Signalons au passage que les tentes automatiques sont aussi plus encombrantes, plus lourdes et beaucoup moins faciles à caser dans un 4x4.
 

- Les « mess » sont un complément indispensable lorsqu’on veut bivouaquer confortablement dans des conditions climatiques peu favorables. Laissez de côté les grosses Khyam qui sont hors de prix et qui prennent une place phénoménale. Orientez vous plutôt sur les tentes instantanées de la grande distribution. Elles se montent en 2 minutes, se replie en 5 minutes. On y tient debout sans problème et si l’on s’organise intelligemment, on peut évoluer sans trop se bousculer. Ces tentes peuvent être jumelées avec d’autres tentes du même modèle et cela presque à l’infini. Ce qui permet, si besoin est, de faire manger un groupe à l’abri en tout quiétude. A noter au passage qu’en cas de besoin, on peut chauffer la tente avec un chauffage de bivouac style Campingaz. Lors d’un bivouac dans la neige, avec une température extérieure de -8°, nous avons obtenu une température intérieure de +17°…



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- Les modèles hors normes Deux d’entre elles ont retenu notre attention tout en ne répondant pas aux critères précités. Tout d’abord, la Oztent RV australienne qui se déploie très vite (une trentaine de secondes, haubans non compris) et qui peut s’accoler à l’arrière du 4x4, un atout important en cas de conditions météo défavorables. Toutefois, on peut lui reprocher son prix, d’une part, et son rangement qui nécessite un sac de 2 mètres de long minimum, d’autre part. Ensuite, il s’agit du retour de la tente gonflable : reprenant le concept de la tente Igloo de chez Becker des années 80, la société hollandaise Karsten produit une tente sur le principe des 2 arceaux gonflables, d’où une rapidité de mise en place et une bonne tenue au vent.
 
 
 
 
 

Les tentes de toit

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Bien que nous ayons largement abordé le sujet dans notre numéro 106, voici quelques rappels et quelques vérités qu’il convient de connaître avant toute acquisition. Elles aussi se déclinent sous diverses formes que l’on peut regrouper selon deux types principaux : les tentes souples (ou pliantes) et les tentes à coque rigide. Qu’elles soient souples ou rigides, les tentes de toit présentent de nombreux avantages : rapidité d’installation, rapidité de pliage, confort, sécurité et, dans certains cas, meilleure protection aux intempéries.
 

- Les tentes souples sont à peu près toutes calquées sur le même modèle, excepté la petite Oasis de Trekking qui est vraiment un produit à part. En effet, cette dernière est totalement aux antipodes des autres tentes qui sont plus grandes, mais aussi beaucoup plus lourdes, plus longues à installer et surtout plus onéreuses. Qu’elles viennent de Chine, d’Afrique du Sud, d’Italie ou du Portugal, les tentes souples sont en deux ou trois parties qui se rabattent les unes sur les autres et qui sont recouvertes par une housse de protection. Au moment de l’installation, il suffit d’enlever la housse et de déplier la tente dont l’une des parties va déborder du toit de la voiture pour se fixer au dessus du sol grâce à un portique articulé. Les tentes souples présentent certains avantages et, il faut le dire, plusieurs inconvénients.


 

 Avantages :

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- elles sont moins encombrantes que les coques rigides et elles dégagent plus de place sur le toit pour y mettre du matériel, des jerrycans ou, pourquoi pas, une deuxième tente. Vu leur taille, ces tentes s’installent parfaitement derrière la cabine d’un pickup.

- elles sont un peu plus légères que les coques rigides. Ceci dit, avec l’avancée technique de ces dernières en matière de poids, cette différence de poids a tendance à se réduire.

- à dimensions comparée, elles offrent plus d’espace intérieur et on peut leur greffer diverses options pour les rendre plus fonctionnelles et plus confortables.

- moins chères à l’achat.

 

Inconvénients :


- elles sont un peu plus longues à installer ou à replier (de 7 à 20 minutes, suivant les modèles et les conditions climatiques) et il faut souvent 2 personnes pour les manipuler.

- selon les modèles, elles sont très bruyantes sous le vent et il y a intérêt à bien les orienter pour ne pas voir le double toit s’arracher.

- moins aérodynamiques que les tentes à coque rigide ce qui peut entrainer une surconsommation.

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- Les tentes à coque rigide ont l’énorme avantage de pouvoir se déplier et se replier très rapidement et sans manipulations compliquées… pour autant que le système de mise en oeuvre ne casse pas ! C’est ce qui arrive parfois avec les tentes italiennes qui utilisent encore l’ancien système d’ouverture à manivelle. Si vous voulez éviter tout risque, le mieux est de vous tourner sur les tentes à ouverture automatique. C’est ce que l’on retrouve sur toutes les tentes James Baroud, sur la Tango de Trekking et même sur la Colombus qui vient pourtant des ateliers de fabrication de la Maggiolina. Pourquoi cette dernière utiliset- elle encore un système aussi archaïque ? Mystère. Cela dit, on vient d’apprendre que le fabricant italien vient enfin de lancer une série de Maggiolina à ouverture automatique mais pour l’heure, ce produit n’est pas encore commercialisé en France… Sur une Maggiolina, si tout va bien, l’ouverture n’excède pas les 2 minutes. La tente s’ouvre à l’aide d’une manivelle actionnant 2 vis sans fin qui mettent en mouvement 2 croisillons (ou compas) provoquant l’élévation de la partie supérieure. Sur une tente automatique, quelle que soit la marque, l’ouverture s’effectue en moins de 10 secondes. Et, pour le moment, nous n’avons jamais constaté de problème sur ce type de modèle. Soulignons, au passage, que les vérins hydrauliques des tentes James Baroud sont tous assistés par un bras de renfort articulé, ce qui garantit une meilleure résistance aux vents latéraux.

 

Qui fait quoi?

 

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Sans être aussi important que celui des tentes à coques rigides, le marché des tentes de toit souples présente quand même de nombreuses options. L’Overland de Zifer est plutôt destinée au camping traditionnel. Elle est assez bien conçue mais, hélas, elle condense énormément et elle est relativement fragile. Les tentes sud-africaines Eezy Awn et Hannibal n’ont pas les mêmes problèmes de condensation ou de fragilité. Elles sont globalement mieux finies que la tente italienne et elles sont surtout mieux adaptées au raid même si elles ne sont pas aussi qualitatives que celle d’ARB. Un défaut majeur cependant : elles sont très bruyantes au vent et lorsque ce dernier est un peu fort, le double toit et les auvents ont tendance à s’arracher… L’Oasis de Trekking mérite qu’on s’y intéresse car elle développe un concept très particulier, basé essentiellement sur la légèreté, la rapidité de montage… et le prix ! Ses dimensions sont plus petites que les autres et au lieu du traditionnel plancher en bois, elle utilise un couchage de toile tendue, ce qui explique d’ailleurs sa légèreté (2 enfants peuvent la manipuler sans effort). Une fois sa housse enlevée, elle s’ouvre en moins d’une minute. Le confort n’est pas le même que chez ses concurrentes, bien sûr, mais vu le prix on ne sera pas trop regardant. Après plusieurs refontes et diverses déclinaisons, la nouvelle Oasis a maintenant corrigé ses pêchés de jeunesse, notamment par rapport à la condensation avec l’adjonction d’un double toit fort bien conçu. La finition est aux standards Trekking, c’est-à-dire impeccable, ce qui nous donne au final une petite tente bien sympathique pour les baroudeurs qui privilégient le prix au confort. Issue elle aussi de chez Trekking, la Oryx 2 reprend à son tour le concept de base des tentes sud-africaines et chinoises. Complètement évolutive avec son auvent supérieur et son bel espace à vivre, cette tente présente un degré de finition qui la place largement en tête de sa catégorie. Actuellement en cours de refonte, la Rain Forest de James Baroud présentait quelques défauts de finition qui seront bientôt corrigés. Difficile d’en parler pour le moment tant qu’on n’a pas vu le résultat final. En attendant, le modèle phare de la marque, dans cette catégorie, est sans conteste la Nomad. C’est aussi le modèle le plus adapté au raid et aux conditions extrêmes. Conçue elle aussi dans le même esprit que les tentes sudafricaines, elle utilise des matériaux plus qualitatifs et surtout plus résistants que toutes ses concurrentes. Les deux grands leaders de la tente de toit sont Zifer et James Baroud. Le premier est italien. Ses produits phares, Maggiolina et Colombus, sont distribués en France par le groupe Narbonne Accessoires, spécialiste du camping-car. Le second est franco-portugais. Ses produits sont distribués exclusivement chez les accessoiristes et préparateurs 4x4. Tout de suite après, on peut citer Trekking qui distribue deux tentes de toit souple fort intéressantes l’Oasis et l’Oryx 2. Depuis quelques années, d’autres marques ont fait leur apparition avec des produits fabriqués sous diverses licences en Chine ou en Afrique du sud (Howling Moon, Hannibal, Eesy Awn). Diffusées de manière plus intimiste, ces tentes se déclinent uniquement en versions souples.

 

La hussarde, rigide et souple à la fois

 

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 Lorsqu’on l’aperçoit sur le toit d’un véhicule, on pense tout de suite que la Hussarde est une tente à coque rigide. Une fois dépliée, on se rend compte très vite qu’elle qu’il n’en est rien. Hormis son « chapeau » qui la recouvre entièrement comme la carapace d’une tortue, cette tente s’apparente plutôt à une tente souple, avec ses qualités, ses défauts, et quelques particularités qui lui sont propres.
 

Des avantages non négligeables

 

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Au chapitre des avantages, on peut retenir sa hauteur de faîtière, son habitabilité (même si elle est inférieure à la plupart de ses homologues) et, surtout, sa rapidité de mise en oeuvre. La Hussarde s’installe en un rien de temps : on libère de part et d’autre les verrous latéraux qui retiennent la coque supérieure et celle-ci se soulève toute seule sous la pression de deux vérins assistés par des compas de renfort. Une fois le « couvercle » soulevé, il suffit de tirer sur l’échelle articulée pour faire basculer le plancher et terminer l’ouverture de la tente. Il ne reste plus ensuite qu’à régler la hauteur de l’échelle sachant que les pieds de cette dernière disposent de plusieurs niveaux de réglage, permettant ainsi de s’adapter parfaitement aux inégalités du terrain. Lorsque la tente est totalement dépliée, on a plusieurs options : on peut se contenter de l’installer tout simplement, en se contentant de rabattre la porte arrière pour la fermer, comme sur n’importe quelle tente classique (précisons au passage que cette porte est doublée d’une grande moustiquaire, bien pratique pour les pays chauds). On peut aussi l’installer avec ses évents latéraux qui viennent se fixer sur le rabat de porte constituant ainsi un auvent de belle dimension. Ce système complètement modulable présente deux avantages : s’il fait chaud, on dispose d’une aération supplémentaire avec l’auvent et la moustiquaire. S’il y a du vent, on peut « condamner » complètement l’auvent et éviter ainsi que ce dernier ne s’agite toute la nuit comme c’est hélas le cas sur certaines tentes Hannibal ou Howling Moon.

 

Un concept original

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Ce qui fait la particularité de la Hussarde, c’est son côté hybride qui associe un dépliement à plancher basculant avec un cloisonnement sous coque rigide. A ce sujet, ’ailleurs, il me semble important de souligner les deux principaux intérêts de la coque supérieure : lorsqu’on plie ou lorsqu’on déplie la tente, on ne se couvre pas de poussière ou de boue. C’est ce que l’on peut reprocher à la plupart des tentes souples sur lesquelles on trouve une housse amovible. Bien souvent, après une journée de 4x4, cette housse est couverte de poussière ou de boue et lorsqu’on l’enlève le soir, ou lorsqu’on la remet le matin, on a vite fait de ressembler à un mineur de fond… Avec la Hussarde, ce genre de désagrément est à ranger aux oubliettes puisque cette fameuse housse est remplacée par un couvercle rigide qui s’ouvre et se rabat comme sur une coque rigide, sans que l’on soit obligé de se contorsionner dessus. Autre avantage conceptuel de ce couvercle rigide : il sert de double toit, comme sur une tente classique, avec l’atout certain de dégager un bel espace de circulation d’air. En effet, la chambre est suspendue à la coque supérieure qui vient la recouvrir tout en libérant un espace d’aération sur le toit et sur le haut des murs. De ce fait, on se retrouve avec tous les avantages d’un double toit qui assure ainsi une bonne circulation d’air tout en protégeant le haut de la chambre. N’ayant pas testé cette tente, je ne peux pas témoigner de la réelle efficacité de ce système mais, en principe, cela devrait limiter de manière significative le phénomène de condensation que l’on observe trop souvent sur certaines tentes pliantes. En plus de ce système, la chambre elle-même est équipée d’une « fenêtre » d’aération située sur la partie supérieure. Complètement abritée par le couvercle, cette fenêtre peut être ouverte pour optimiser la circulation d’air.
 

Le coffre de rangement

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La Hussarde dispose d’un coffre de rangement auquel on peut accéder à tout moment, que la tente soit ouverte ou non. Je ne sais pas ce qu’il en est de l’étanchéité de ce coffre et je me garderai bien de vous conseiller d’y mettre des vêtements ou du matériel de couchage. Par contre, on peut très bien y mettre du matériel de sécurité (sangles, manilles, poulie de mouflage) ou divers petit matériel. Un plus bien appréciable lorsqu’on part en raid.

 

 

Installation et rangement

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La Hussarde se fixe en un tour de main sur des barres de toit grâce à un système original de mâchoires réglables. Ce système unique et très particulier est mis en oeuvre par une manivelle articulée qui agit sur les mâchoires en les serrant ou en les desserrant suivant le besoin. Pour le rangement, Patrice Brochier et Christian Soteau ont conçu un ingénieux système qui permet de ranger la Hussarde sur le côté (ou sur la tranche, si vous préférez) grâce à des portiques équipés de roulettes. Il fallait y penser !

 
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Quelques défauts de jeunesse

Lorsqu’on l’examine « à la loupe », on ne peut qu’apprécier l’aspect chatoyant et la qualité de la toile. On remarquera d’ailleurs que cette dernière a été intelligemment renforcée aux endroits névralgiques. On regrettera cependant le manque de finition de la coque supérieure qui gagnerait à être équipée d’une baguette de finition comme on en trouve sur toutes les tentes de toit à coque rigide. En l’absence, le couvercle actuel donne un peut l’impression de ne pas être « terminé ». Dommage, car dans l’ensemble, l’aspect général de la tente est plutôt positif. Espérons que les concepteurs sauront réagir pour corriger ce petit oubli. Suivant la hauteur du véhicule, l’échelle peut être malaisée à atteindre, surtout si celui qui la manie n’est pas très grand. Il y aura peut-être intérêt à repenser la chose pour qu’on puisse la tirer facilement sans se contorsionner… Les barreaux de l’échelle actuelle nous ont fait tout de suite « grincer des dents » avec leur fine section ronde. Aussi inconfortable que celle des tentes australiennes ou sud-africaines, cette échelle ne peut rivaliser en aucune manière avec celles des Trekking ou des James Baroud. Cela dit, au moment où nous rédigeons cet article, nous apprenons que les concepteurs ont prévu de réagir sur ce sujet en équipant leurs prochaines échelles avec des barreaux à section plate. Que ce soit sur le plan de la densité ou sur celui de l’épaisseur, le matelas gagnerait, lui aussi, à être revu pour être plus confortable et être ainsi aux mêmes standards que ceux des tentes italiennes (Overland et OverCamp fabriquées par Zifer) ou portugaises (fabriquées par James Baroud).
 

Conclusion

 Il m’est difficile, pour l’heure, de conclure correctement sur un produit que je n’ai pas testé sur le terrain. Impossible par là même de se prononcer sur la résistance au vent et sur la fiabilité du système de fixation. Quoi qu’il en soit, en l’état actuel, le bilan semble tout de même assez positif : globalement, la Hussarde semble bien conçue et les matériaux employés font bonne impression. Le tout, maintenant, est de savoir quel accueil lui sera réservé dans le monde du raid. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que nous suivrons son évolution dans les années à venir…
 

Faire ses besoins dans la nature

 
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Faire ses besoins dans un milieu naturel nous concerne tous. Même si en début de voyage, il est possible d’éviter d’aborder le problème de front, au bout de quelques jours, il va bien falloir faire quelque chose. Certains se demandent sans doute comment. En effet, notre vie civilisée nous a éloigné de savoirfaire élémentaires et naturels, mais la chose se complique ici du fait de l’absence de couvert et de feuillages, et de quelques particularités environnementales.
 
 
 
 
 
 
 

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Le cadre général

Décrivons tout d’abord le cadre de l’exercice. Les voyages sahariens se déroulent dans le désert, tautologie ayant comme première conséquence que le terrain de vos exploits va probablement être relativement découvert. La vue porte à 20 km sur un terrain plat, ce qui nuit quelque peu à la discrétion. Il convient également d’ajouter que si la vue porte loin, l’oreille est également peu perturbée par le bruit ambiant. En dehors du souffle du vent, rien ne couvre le bruit de vos efforts, qui peut porter à une distance surprenante. Soyez donc discret. Puisque l’hypothèse de départ implique de faire ça sur le sol, étudions les différents types de sols que vous allez rencontrer. Le sable est meuble et permet d’enterrer aisément les matières, mais présente quelques inconvénients. L’ensemble du groupe va généralement se rassembler aux mêmes endroits, car il y a probablement peu de choix autour de vous. Le vent va rapidement effacer les signes de fouilles. Si vous êtes le quatrième à occuper les lieux pour les mêmes activités, vous risquez de déterrer les restes de vos prédécesseurs, ce qui n’est pas très agréable. Autre inconvénient du sable : s’accroupir n’est plus une position naturelle pour faire nos besoins, la position est inconfortable, mais se complique du fait de l’effondrement du sol autour du petit trou que vous avez fait. Vos talons risquent de glisser dans la cavité. Les sols durs vous interdisent de creuser. Par courtoisie pour vos co-équipiers, et pour éviter que le vent ne fasse s’envoler quelques papiers compromettants, il est très nettement préférable de poser quelques pierres sur vos matières. Les Allemands cultivent parfois un autre style, qui peut se défendre sur le plan écologique mais manque quelque peu de discrétion : ils laissent partir les papiers au fil du vent, afin qu’ils se dispersent et se détruisent plus vite : cela sous-entend évidemment de repérer le sens du vent et de vous placer SOUS le vent par rapport au groupe. Les épineux peuvent vous griffer à un endroit intime. En plus d’être désagréables, ces griffures, mal placées à un endroit où la transpiration entraine une certaine macération, peuvent s’infecter. Les sols pierreux sont commodes pour planquer ses fesses ainsi que ses fèces, mais attention aux bestioles, ce serait bête de se faire mordre à un endroit qui rendrait toute demande de secours délicate pour son honneur de héros (ou héroïne) des sables.

 

La mise en œuvre

 

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Se cacher n’est pas toujours évident. Dans les dunes, ou lorsqu’il y a des buissons, la difficulté n’est pas grande, mais encore faut-il avoir pensé à cet aspect des choses dans le choix de l’emplacement du bivouac. Sur terrain plat, il y a plusieurs solutions, toutes imparfaites : - S’éloigner beaucoup : à 200 mètres, il est difficile de distinguer les détails anatomiques, à condition que personne ne soit assez idiot pour prendre ses jumelles. Attention cependant, si le vent de sable menace, cette solution est très imprudente : le vent de sable, comme le Mistral, se lève d’un coup et vous perdrez les voitures de vue, ce qui correspond à un arrêt de mort si vous ne retrouvez pas rapidement celles-ci. - Attendre la nuit, ou le petit matin. La solution est meilleure, car elle demande moins d’éloignement du groupe, mais suppose que vous pourrez retrouver le chemin des voitures. De plus, il vous faut une lampe pour repérer le sol, car il serait bête de se fouler le pied ou de marcher sur une bestiole. - Mettre la voiture en écran : c’est une bonne solution dans la journée, mais attention tout de même. D’une part, nos voitures sont très hautes, et vous risquez d’être visible par en-dessous : placez-vous derrière les roues. D’autre part, cela suppose que vous vous éloigniez ensuite du lieu, pour éviter de marcher dedans. Ceci ne convient donc pas au bivouac. - Les écrans portatifs : le plus commode, c’est un grand parapluie de golf. Vous allez vous faire moquer de vous, c’est sûr (un parapluie en plein désert !), mais ce n’est pas mal si vous êtes très pudique : il se déplie et se replie en un clin d’oeil et prend peu de place dans le véhicule. Son défaut est de s’envoler au vent, il faut donc le caler ou l’attacher. Il existe aussi des cabines de douche qui se déplient en un instant ; il faut ensuite un brevet spécial et une formation commando pour les replier... donc c’est à vous de voir !

Le mode opératoire

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En ce qui concerne la manoeuvre, il faut trouver la bonne position. Par peur des maculations, on a trop souvent tendance au début à pointer les fesses en arrière, ce qui est très fatigant, peu efficace et très inélégant : la classe s’exprime en toute occasion, que diantre ! La bonne position est un accroupissement très bas, talons moyennement écartés, en gros de la largeur de votre bassin : quasiment félin. Attention à la pente du terrain : celui-ci doit être plat ou presque, et il vaut beaucoup mieux se placer face à la descente quand il y en a, vous pourrez mieux surveiller l’écoulement des liquides et éviter ainsi de vous tremper les chaussures ; c’est également plus confortable pour nos mollets d’européens habitués aux talons de chaussures. Si vous trouvez des cailloux, mettez-en un sous chaque talon, vous serez plus à l’aise. Faire pipi à un autre endroit avant les choses sérieuses n’est pas une mauvaise idée, cela limite la taille de la flaque qui va s’étendre entre vos pieds. Ceux qui ont des problèmes de genoux peuvent se bricoler un trône en découpant un trou dans un tabouret pliant : léger, discret et efficace. Une astuce pour se dépanner est de coincer des bouteilles en plastique dans le creux de ses genoux avant de s’accroupir, ça évite de trop plier les articulations et çà aide à la remontée. Un petit trou dans le sol fera un réceptacle utile pour les déjections, en évitant qu’elles se dispersent ou roulent, surtout si le terrain est en pente. En creusant ou en déplaçant des pierres, faites attention aux animaux que vous pouvez déranger, qui ne sont pas forcément gentils : scorpions, vipères... c’est rare, mais ça arrive, essentiellement en été. Pour viser le trou, sachez que votre anus se trouve approximativement dans le prolongement de l’axe passant de votre nombril à votre tête de fémur, ceci sur un plan latéral, bien sûr. Sur un plan frontal, j’imagine qu’il se situe au centre, entre vos fesses. Choisissez si possible un endroit un peu venté, et si possible un peu loin des buissons, les mouches vous chatouilleront moins. A propos de vent, messieurs, il vaut mieux faire pipi dos au vent, ça évite de s’en mettre plein les godasses. Les Touaregs urinent à genou, à la fois parce que cela évite de remonter la djellaba trop haut et pour éviter la dispersion des gouttes aux quatre vents. Dans la manoeuvre, un petit contrôle du sphincter pour éviter qu’il se contracte périodiquement (on a tous ce reflexe de «couper» le colombin à la bonne longueur) va limiter la nécessité d’une toilette appliquée. C’est tout bête, mais ça simplifie la vie, mais il faut s’entraîner avant. Le raid, c’est une discipline de tous les instants, on vous dit ! Ne trainez pas trop, l’air sec dessèche rapidement les matières et complique la toilette intime. Des câlinettes ou des lingettes humides (épaisses, elles se dessèchent moins vite) facilitent donc la toilette. Pensez à les sortir l’une après l’autre de leur emballage, car elles se dessèchent très vite à l’air libre, leur fraicheur sur la peau, fort agréable, témoignant d’ailleurs de la forte évaporation. Sinon, un vaporisateur pas trop gros (pour se balader facilement entre vos jambes) vous permettra d’aider au nettoyage. N’hésitez pas à vous nettoyer parfaitement, vous ne risquez pas de boucher les toilettes, et une hygiène impeccable limite beaucoup les soucis dûs à la transpiration et à la station assise prolongée en voiture. Profitez-en pour essuyez soigneusement vos aines, voire les plis du ventre si vous êtes grassouillet. Vous limiterez les risques de bobos de peau. Evitez les feuilles végétales pour la toilette : c’est relativement efficace sous nos latitudes, où les feuilles sont plutôt larges et charnues, mais l’acacia, hein, c’est moyen, et même si vous trouvez des feuilles larges, vous risquez de tomber sur des plantes urticantes ou toxiques (genre calotropis). Au pire, en cas de panne ou d’urgence (une diarrhée impérieuse, par exemple, faites local : grattez avec une pierre ou frottez avec du sable, puis allez quand même vous lavez les mains avant de faire la cuisine et complétez la toilette dès que possible ! Recouvrez vos déchets, ou mieux, brûlezles, puis revenez sans trop traîner vers le campement, une absence prolongée pouvant inquiéter vos coéquipiers.
 
 

Conseils de santé

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Puisque vous allez voir vos déjections, et qu’un réflexe reptilien vous fera vérifier leur apparence, profitez-en pour faire un petit bilan personnel. Des selles de petite taille, dures et sèches montrent un manque d’hydratation. En effet, le contenu des intestins est utilisé par le corps comme une réserve d’eau. Si celle-ci semble très utilisée, c’est que vous ne buvez pas assez. Vous devez absolument avoir des selles d’une consistance normale, tout dessèchement vous avertit précocement qu’il faut boire plus. Dans le même temps, surveillez vos urines : trop concentrées, en tout cas plus que d’habitude, vous ne buvez pas assez. Une constipation passagère en début de voyage est habituelle, et cède normalement au bout de quelques jours. Si elle vous gêne, une petite séance d’abdominaux devrait activer le transit. Les diarrhées sont souvent dues à un germe absorbé lors d’un repas préparé dans des conditions d’hygiène défaillantes, chose fréquente dans les bouibouis de bord de route. Une gastro-entérite est extrêmement handicapante et doit être soignée rapidement, car elle entraîne une forte déshydratation. - Tout d’abord, contrairement à une idée répandue : boire beaucoup (plus que d’habitude, car vous perdez beaucoup d’eau), - limiter le flux à l’aide d’immodium. Ce traitement est purement symptomatique et limite le flux liquide, - éviter les anti-infectieux de style ercéfuryl en traitement systématique, car leur action est brutale et sans discernement (ils tuent toutes les bactéries, bonnes ou mauvaises, et peuvent provoquer d’autres troubles). Réservez-les aux diarrhées aiguëes (comprenez : «graves») d’origine présumée bactérienne [2], - absorber une dizaine de capsules d’ultralevure deux fois par jour. Ces «bonnes» levures vont coloniser les intestins et bloquer le développement des germes pathogènes, - réduire l’alimentation. Se contenter de riz blanc, de pâtes, de pain grillé. Evitez absolument les crudités et les laitages, - adapter le rythme du voyage aux contraintes nouvelles : fatigue du malade et arrêts fréquents.

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